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Dépendance, addiction, c'est quoi la différence ?

"Et toi, t'es accro à quoi ?"

On entend cette phrase partout : sur les réseaux, dans les médias. Addiction à l’alcool, au sexe, aux jeux vidéo, aux réseaux... voire à l'astrologie !

Mais avant de t'inquiéter ou de juger tes amis, faisons le point. Même si dans le langage courant on va uniquement parler d'addiction, il est important de comprendre la différence entre l'addiction et la dépendance. Ce n'est PAS la même chose !

Selon Christian Lüscher, chercheur à l’Université de Genève et spécialiste du sujet, ça ne touche même pas le cerveau de la même manière.

La DÉPENDANCE = syndrome de manque
Ça signifie que si tu arrêtes brusquement, ton corps réagit mal : on appelle ça le syndrome de sevrage.

Exemple :
Une personne alcoolique qui arrête soudainement peut souffrir :

  • d'anxiété
  • de tremblements
  • de nausées
  • d'agitation
  • de dépression
  • voire entraîner la mort

L'ADDICTION = utiliser trop malgré les problèmes
C'est quand tu consommes quelque chose en excès, même si tu sais que ça te pose des problèmes importants (t'es fatigué, tes notes baissent, tes relation se dégradent...).

Certains produits créent les DEUX choses en même temps (comme certaines drogues), mais d'autres seulement l'une OU l'autre.

Exemple : 
Imaginons que tu te poses des questions par rapport à ta consommation d'alcool :
Est-ce que ça t'empêche de faire d'autres choses (sport, avoir un job étudiant...) ? Oui/non
Est-ce que tu pourrais tout arrêter d'un coup ? Passer une semaine de vacances sans consommer et sans faire de malaise ? Oui/non

Si tu réponds "oui" à la première question, tu es peut-être "addict" ou "accro" à l'alcool. Mais si tu réponds "non" à la deuxième question, cela veut dire que tu es peut-être dépendant et que tu devras faire un sevrage. Attention aux symptômes physiques !

Au moindre doute consulte un professionnel de santé ou un planning familial par exemple.

Et n'oublie pas, plus tu comprends ce qui te pousse à consommer, plus il sera facile de mettre des limites !

Retrouve notre liste d'organismes qui peuvent t'aider à gérer les addictions. 

Comment savoir si j’ai une addiction ?

Tu peux tester ton addiction à différentes substances ou services (Internet, réseaux sociaux…) sur le site d'AddictAide.

⚠️ Attention : si les résultats du test t’inquiètent, il faut consulter un professionnel. Seul lui peut poser un véritable diagnostic !

Si tu sens accro à quelque chose et que tu veux réagir, il faudra te mettre en condition : éviter et/ou remplacer certaines habitudes de consommation et même de fréquentation (lieu, personnes…). Le plus dur est de ne pas abandonner !

N’hésite pas à en parler à des personnes de confiance qui sont là pour t’aider et non te juger. Cela peut être de la famille, des amis, un médecin, un psychologue…

Contacte également un centre ou une association spécialisée. Ils proposent des informations, de l’aide et de l’écoute.

Qui peut m'aider avec mon addiciton ?

Quelle que soit ton addiction, de nombreux services sont là pour t'aider. De nombreuses associations vont utiliser le terme d'assuétude. En médecine, il s'agit d'un état de très grande dépendance à l'égard d'une substance toxique.


Assuétudes

Réseau ALTO
Destiné aux professionnels
Dr Patrick Lambinet 063/60.13.00 p.lambinet@gmail.com reseaualto.be 96, Rue Massart, 7000 Mons
Coordination Luxembourg Assuétudes - CLA
0498/ 46 46 26 coordination@cla-lux.be cla-lux.be 79, Route de Marche, 6900 Bastogne
Drug's Care
Service d’aide et soins spécialisés en assuétudes agréé par la Région Wallonne, Drugs’care est un service du Centre d’Action Laïque de la province de Luxembourg.
063 23 05 00 courrier@cal-luxembourg.be calluxembourg.be 37, Rue Joseph Netzer, 6700 Arlon
Espas - Accueil de jour
063/23.68.71 espas@arlon.be arlon.be Rue de la Caserne, 44, 6700 Arlon
Odas Coordination
+32 63 45 01 26 marie.sainlez@etalle.be lureso.be Rue du Moulin, 15, 6740 Etalle
SAP - Service d'accueil et de prévention
+32 63 38 87 16 aubange.be Avenue de la Libération, 39, 6791 Athus
Solaix
+32 61 22 43 74 administratif@solaix.be Rue Paul Reuter, 41, 6700 Arlon
Soda
+32 84 32 01 09 pssp@marche.be pssp.marche.be Rue Victor Libert, 36H, 6900 Marche-en-Famenne
Nadja
+32 4 223 01 19 info@nadja-asbl.be nadja-asbl.be Rue Fond Saint-Servais, 6, 4000 Liège

Alcool

Appel
+32 473 21 39 97 appel.arlon@gmail.com appel-arlon.net Rue des Déportés, 137, 6700 Arlon
Vie Libre
+32 61 41 45 09 info@vie-libre.be vie-libre.be Rue des Ardoisières, 100, 6880 Bertrix
Alcooliques Anonymes
+32 2 511 40 30 bsg@alcooliquesanonymes.be alcooliquesanonymes.be Rue des Pieds d'Alouette, 42b, 5100 Naninne

Jeux

Aide en ligne
+32 2 502 08 61 contact@lepelican-asbl.be joueurs.aide-en-ligne.be Rue Vanderborght, 20, 1081 Bruxelles
Sos Jeux
0800 35 777 gamingcommission.be Cantersteen, 47, 1000 Bruxelles
Joueurs Anonymes
+32 496 27 65 96 cliniquedujeu.be Chaussée de l'Ourthe, 74, 6900 Marche-en-Famenne

Tabac

Tabac Stop
0800 111 00 tabacstop.be Chaussée de Louvain, 479, 1030 Bruxelles

Toutes les drogues sont-elles dangereuses pour la santé ?

Oui, d’une façon ou d’une autre… Explications :
Savais-tu qu'il existe deux types de « drogues » ? Certaines sont légales, d'autres non. Mais attention : « légale  »ne veut pas dire sans danger !

Les drogues légales
Ce sont celles que tu peux trouver facilement, comme l'alcool ou le tabac. On peut aussi inclure certaines substances détournées de leur usage initial, comme le gaz ou les solvants (attention, très dangereux !). Même si elles sont autorisées, elles ont quand même un impact négatif sur ta santé. C'est pourquoi il y a des limites d'âge : 16 ans pour la bière et le vin, 18 ans pour le tabac et les autres alcools.

Les drogues illégales
Cannabis, cocaïne, héroïne, ecstasy, amphétamines, substances hallucinogènes... Pour ces produits, tout est interdit : vendre, acheter, posséder, cultiver ou consommer. Contrairement à certaines croyances, la loi ne fait aucune différence là-dessus.

Ce qui change selon les endroits
Notre vision des drogues dépend beaucoup de la culture, du pays et des lois. En Belgique en 2026, par exemple, la cigarette est librement vendue mais le cannabis reste interdit. Qui sait dans 5 ans ? Ça pourrait être l'inverse ! C'est avant tout une question politique.

En tant que mineur, je risque quoi si je consomme de la drogue ?

Si l’on parle de ta santé, tu risques tout simplement de la compromettre…
En effet, de nombreuses drogues ont des effets toxiques. Des effets néfastes peuvent survenir après une seule consommation (comme en cas d’overdose ou lorsqu’on se blesse alors qu’on est sous emprise d’une drogue), ou consécutivement à une consommation chronique potentiellement associée à une dépendance (comme des problèmes de santé et toute une série de problèmes sur le plan social, judiciaire, financier ou émotionnel).

Au niveau législatif, si tu es mineur, quelle que soit la substance, tu commets un fait qualifié d’infraction. Lors d’un contrôle, la procédure suivante sera mise en route :

  • la police établit un procès-verbal qu’il transfère au procureur du Roi. Celui-ci a plusieurs possibilités :
    • classer ton dossier sans suite ;
    • t’adresser ainsi qu’à tes parents un rappel à la loi ou un avertissement ;
    • saisir le tribunal de la Jeunesse.
  • Dans ce dernier cas, le juge pourra prendre une mesure :
    • la réprimande ;
    • ta surveillance par un service social ;
    • l’accomplissement d’une prestation éducative et d’intérêt général ;
    • le traitement auprès d’un service spécialisé pour les toxicomanies ;
    • si les faits sont graves et que tu as plus de 12 ans, le placement en Institution publique de protection de la jeunesse (I.P.P.J.).

Comment gérer les écrans avec les jeunes enfants ?

C’est une question qui revient souvent de la part des parents : comment gérer les écrans avec les enfants, surtout lorsqu’ils sont très jeunes ? Difficile de trouver le bon conseil, car les avis ne manquent pas et on pourra trouver tout et son contraire en ligne. Quoiqu’il en soit, si le discours est trop alarmiste (“les écrans provoquent l’autisme, on fabrique des crétins”), mieux vaut aller voir ailleurs !

Il est également difficile de proposer une formule adaptée à chaque individu en raison de multiples facteurs qui peuvent influencer la définition d'un usage approprié : facteurs génétiques, développementaux environnementaux...

Néanmoins, c'est pour répondre à ces questions que le psychiatre Serge Tisseron a construit les balises 3-6-9-12.

  • Avant 3 ans : jouons, parlons, arrêtons la télé. À cet âge, l’enfant construit sa personnalité et son cerveau. Plus il passe de temps devant les écrans et moins il en a pour les jeux créatifs, les activités interactives et d’autres expériences cognitives sociales fondamentales. Des compétences telles que le partage, l’appréciation et le respect des autres, qui sont des acquisitions enracinées dans la petite enfance, s’en trouvent menacées.
  • De 3 à 6 ans : limitons les écrans, partageons-les, parlons en famille. À cet âge, l’enfant renforce ses acquisitions et commence son apprentissage de l’autorégulation. Les limites imposées au temps d’écran doivent en faire partie : d’une demi-heure à 3 ans à 1 heure maximum par jour à 6 ans. Le temps d’écran doit être partagé avec un parent.
  • De 6 à 9 ans : créons avec les écrans, expliquons-lui Internet. C’est la période de l’apprentissage des règles du jeu social. On peut acheter un appareil photo numérique, par exemple, et expliquer à son enfant le droit à l’intimité et le droit à l’image. Plutôt que se limiter à la consommation, il faut inviter l’enfant à créer avec les écrans. C’est aussi le bon âge pour commencer à discuter de son futur premier smartphone et fixer des règles familiales respectées par tous, notamment pas pendant les repas et pas la nuit.
  • De 9 à 12 ans : apprenons-lui à se protéger et à protéger ses échanges. Les enfants qui passent beaucoup de temps devant les écrans présentent une baisse des capacités d’attention et de concentration. Leur cerveau s’habitue à suivre ou enchaîner des mouvements ou des actions plutôt que de se mobiliser volontairement sur une tâche. Encourageons l’enfant à gérer son temps d’écran distractif, en l’invitant à utiliser un « carnet du temps d’écran ». Parlons aussi avec lui de ce qu’il voit et fait avec les écrans.

Puis-je avoir une addiction à mon smartphone ?

Ça y est, tu viens de rentrer en 1re secondaire et tu as pu négocier un smartphone avec tes parents. Tu es content, tu découvres plein d’applications, tu peux échanger des messages avec tes amis à tout moment et avec Internet, c’est tout un monde qui s’ouvre à toi.

Dès à présent, ce petit appareil qui te suit partout prendra une place très importante dans ta vie. 
Et une des premières inquiétudes qui touchent souvent les parents est la question de l’addiction.

Alors, peut-on parler d’addiction au smartphone au même titre qu’à l’alcool par exemple ? Et si oui, est-ce un phénomène important ?

En quelques mots , à ce jour, l’addiction au jeux d’argent est la seule addiction comportementale reconnue par le DSM (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de référence qui en est à sa 5e édition). 

Néanmoins, des études se sont déjà penchées sur l’addiction aux écrans et montrent des spécificités liées aux addictions en général :

  • la perte d’intérêt à d’autres activités que les écrans,
  • la préoccupation (être souvent absorbé par les écrans, même lorsqu’on n’en utilise pas),
  • mentir à propos de sa pratique des écrans ou la dissimuler, risquer ou perdre des relations à cause de l’usage d’écrans.

Ces résultats devront être validés par d’autres études afin que cette nouvelle addiction puisse être répertoriée dans le DSM-6 d’ici quelques années.

Au-delà de la reconnaissance scientifique officielle, on remarque que la spécificité du smartphone (tu l'as tout le temps avec toi) incite les développeurs des réseaux sociaux ou des jeux mobiles de tout mettre en œuvre pour que tu sois tenté de l’utiliser le plus possible.
D’ailleurs de nombreuses personnes éprouve ce qu’on appelle de la nomophobie : la peur d'être séparé de son téléphone mobile. 

Ces différents éléments pris en compte démontrent l’importance qu’on réfléchisse à son usage et à créer un cadre pour une utilisation responsable. 

Comment gérer mon temps d’écran ?

Un premier aspect est de t’assurer que tu restes le maître et que lui (le smartphone) reste cet outil numérique bien pratique.

Par exemple : les notifications sont là pour te pousser à utiliser ton smartphone quand d’autres (développeurs, publicitaires, vendeurs…) l’ont décidé. Ne faudrait-il pas les désactiver ? Ou à des moment clés, comme pendant tes devoirs ?

Une solution est de réfléchir, en famille, sur ce que tu veux faire avec ton téléphone, combien de temps tu veux l’utiliser par jour et comment tu vas te mettre des limites pour t’assurer que tu restes maître de ton utilisation.

Au niveau des règles, il y en a peu qui sont valables pour tout le monde. Chacun doit prendre le temps de réfléchir à la mise en place de règles adaptées à son utilisation. De plus, le fait que tu participes à la mise au point de celles-ci leur donnera plus de sens et te poussera à mieux les suivre.

Pour t’aider, voici quelques exemples de règles qui fonctionnent pour beaucoup :

  • prévoir des moments d’arrêt : garder des moments sans ton smartphone te permet de pouvoir déconnecter, par exemple, avant d’aller te coucher. En effet, même si ton téléphone, peut  te permettre de te détendre, il peut aussi te stresser ou t’exciter ;
  • surveiller ton temps d’écran grâce aux applis intégrées : configure ton "temps d’écran" sur iPhone ou ton "Bien-être numérique" sur Android. On sous-estime souvent sa consommation. La constater pourrait te décider à te modérer ;
  • le pouvoir de la flemme : si tu mets ton téléphone dans une autre pièce pendant que tu étudies, tu auras trop la flemme de te déplacer pour aller voir si tu as des notifications et tu pourras mieux te concentrer ;
  • instaurer des temps sans écrans pour TOUTE la famille : pendant les repas par exemple, cela sera positif pour promouvoir la discussion.

Une fois que tu as bien réfléchi aux règles nécessaires à une utilisation saine de ton téléphone, le mieux est encore de le faire par écrit. Tu pourras ressortir le document lors des futures modifications.

Tu veux en savoir plus sur les écrans et leur conséquences ?

Et on te comprend ! Un sujet si vaste va produire de nombreuses informations à son sujet. Pour t’aider à y voir plus clair, voici une série de ressources qui pourront t’aider, ainsi que ta famille : 

La lumière bleue est-elle réellement dangereuse pour nos yeux ? > Article

Grandir avec les écrans "la règle 3-6-9-12" > Article + livre

Votre enfant devant les écrans : ne paniquez pas ! > Livre

Internet aussi, c'est la vraie vie ! > Roman graphique

Les jeux vidéos et nos enfants > BD

Mes parents, moi et mes écrans > Vidéo

Le mythe du geek autiste > Podcast

Le choix à l'ère du numérique : comment échapper au risque de submersion ? > Podcast

À l’école de la "réputation numérique" : cinq lycéens prennent le micro > Podcast

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